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Georgia Russell

GALERIE KARSTEN GREVE PARIS

Georgia Russell, Untitled (blue I), 2019, acrylique et gouache sur toile, 250 x 200 x 45 cm / 98 1/2 x 78 3/4 x 17 3/4 in
 
"Paintings"
14 septembre - 26 octobre 2019
Vernissage le samedi, 14 septembre, de 17h à 19h
En présence de l’artiste.
 
« Entre le masque de brume
et celui de verdure,
voici le moment sublime où la nature
se montre davantage que de coutume »

Entre le masque de brume, Rainer Maria Rilke

 

 

La Galerie Karsten Greve présente la quatrième exposition de l’artiste écossaise Georgia Russell, qui dévoile à cette occasion une vingtaine de toiles inédites. Dans cette nouvelle étape de son parcours créatif, la peinture est mise à la une. Un catalogue trilingue comprenant des textes de Nicholas Fox Weber, directeur de la Joseph and Anni Albers Foundation, et de Daniel Kothenschulte, auteur, commissaire d'expositions et professeur de cinéma et d'histoire de l'art, accompagnera l’exposition.

L’aventure de Georgia Russell et du scalpel commence il y a presque vingt ans avec la découpe de photographies, qui créait alors une image dans l’image. Puis, le découpage a modelé d’anciens livres en sculptures à l’esprit totémique. Ce n’est qu’à partir de 2015 que le papier laisse place à la toile, et que l’artiste commence une aventure picturale qui n’a cessé d’évoluer depuis. Dans cette nouvelle étape, la peinture acquiert un rôle prépondérant.

 

Alors que dans les toiles précédentes, une palette irisée associée à un complexe travail de découpe créait des effets optiques cinétiques, une volonté de simplicité guide aujourd’hui la pratique de l’artiste. La peinture devient presque monochrome, privilégiant des tonalités de vert, de bleu, de gris, et tout se joue dans les nuances créées par une matière picturale (acrylique et gouache) très diluée. Dans la même volonté de simplicité, le choix d’abandonner presqu’entièrement la création d’œuvres sous Plexiglas et d’étendre la toile sur un châssis en métal, établit un rapport plus direct entre l’œuvre et le spectateur.

Si dans le passé le travail de découpage et d’assemblage avait un caractère sculptural, et cherchait à donner une tridimensionnalité aux couches de papier ou de toile, les découpes ont acquis dans ces nouvelles œuvres un caractère graphique dominant. Comme les fenêtres ajourées dans l’architecture arabe (le moucharabieh), ce qui compte est le rapport entre la surface pleine de la toile (son opacité et rigidité) et l’espace vide créé par les incisions qui composent des motifs graphiques rythmiques. Comme dans le moucharabieh, l’entaille transforme la toile en palimpseste perméable, à travers lequel le regard peut en pénétrer la surface. Pourtant, le chromatisme organique de ces peintures l’immerge dans une atmosphère de claire dérivation naturelle. Les rapports entre intérieur et extérieur sont ici inversés : les œuvres deviennent fenêtres végétales à travers lesquelles la lumière filtre et laisse entrevoir l’architecture.

En effet, la nature ne cesse d’être pour Georgia Russell une source inépuisable d’inspiration, et les couleurs qu’elle choisit font écho aux atmosphères de sa terre natale : elles font partie de son imaginaire et de sa propre idée de la nature. Tout en étant concernée par les préoccupations écologiques de notre époque, l’artiste n’illustre cependant pas la dévastation de l’environnement. Au contraire, elle célèbre l’essence profonde des éléments, leur énergie substantielle. Cette force vitale est visible dans une peinture qui se fait alors gestuelle, un état d’harmonie entre l’artiste créateur et la nature, dans l’esprit du Romantisme. Pour les artistes romantiques la rationalité de l’être humain est impuissante face à la magnificence des phénomènes naturels. Mais à travers l’expérience du sublime, il devient capable de l’appréhender d’un point de vue émotionnel et de le faire art. La peinture de Georgia Russell est à la croisée entre le sublime dramatique de Caspar David Friedrich, dans lequel la puissance de la nature montre à l’homme sa finitude, et le sublime lumineux de la nature hors du temps de John Constable. La recherche d’un geste lisible – où l’on peut déchiffrer la chorégraphie de la main de l’artiste – est une prise de conscience identitaire : Georgia Russell revendique aujourd’hui son être peintre. Les traces expressionnistes du pinceau évoquent alors le mouvement du feuillage des arbres secoués par la tempête, ou la tranquillité d’une clairière sous le soleil de midi. Ces nouvelles peintures incarnent à la fois la force d’une nature en métamorphose perpétuelle et sa fragilité. Au fil de sa déambulation dans les salles de la galerie, l’observateur est bercé par la gestualité rythmique du pinceau et du scalpel et s’immerge peu à peu dans un lieu de sérénité sublime.

 

Georgia Russell est née en 1974 à Élgin, en Écosse. Elle a étudié les Beaux-Arts à l’Université d’Aberdeen, puis au Royal College of Art de Londres où elle a obtenu un Master en techniques d’impression. Georgia Russell a participé à de nombreuses expositions internationales, notamment au Victoria and Albert Museum de Londres, au Museum of Arts and Design de New York et au Bellevue Arts Museum de Washington DC. En 2015, le musée Het Noordbrabants (Renschdel Foundation) de Bois-le-Duc aux Pays-Bas lui a consacré une exposition personnelle. En 2016 son travail a été exposé à la Fondation Bayer Kultur de Leverkusen et au Museum Pfalzgalerie de Kaiserslautern, en Allemagne. D’importantes collections privées et publiques ont acquis ses œuvres, dont les musées précités et le Centre Georges Pompidou à Paris. Georgia Russell vit et travaille à Méru, en France.

 

 
 
 
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