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Accrochage

Vue d'installation, Accrochage, Galerie Karsten Greve Paris, 2024. Photo: Nicolas Brasseur
24.02.24 - 04.05.24

Galerie Karsten Greve Paris

mardi à samedi, 10h - 19h

Vue d'installation, Accrochage, Galerie Karsten Greve Paris, 2024. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Accrochage, Galerie Karsten Greve Paris, 2024. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Accrochage, Galerie Karsten Greve Paris, 2024. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Accrochage, Galerie Karsten Greve Paris, 2024. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Accrochage, Galerie Karsten Greve Paris, 2024. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Accrochage, Galerie Karsten Greve Paris, 2024. Photo: Nicolas Brasseur

Louise Bourgeois (1911 - 2010) est connue pour ses sculptures et installations monumentales, à l’instar de son œuvre Maman, représentant unearaignée de dix mètres de haut, exposée pour la première fois à la Tate Modern de Londres en 2000. Son œuvre se caractérise par un langage personnel et autobiographique, se traduisant par une exploration des thèmes de la sexualité, des corps, de la relation entre les êtres, de la famille et de la maternité. Avec sa série « Janus », développée en quatre variations, Louise Bourgeois évoque le dieu aux deux visages, et interroge la métamorphose des corps, la logique d’identité entre masculin et féminin, mais aussi la polarité présente en chaque être. D’une grande puissance évocatrice, son œuvre The Suicide (1998) se réfère quant à elle à une expérience intime. L’artiste a elle-même tenté de se suicider à la perte de sa mère, lorsqu’elle avait une vingtaine d’années. Il s’agit ici d’une évocation unique de cet épisode, qui confronte le spectateur avec violence à la mort, dans une simplicité brute caractéristique de son travail.

David Smith (1906 - 1965) est l’un des sculpteurs américains les plus importants du 20ème siècle. Le dessin, tout comme la soudure, ont joué un rôle central dans le développement de son art, en influençant sa vision de la sculpture et en lui ouvrant de nouvelles perspectives, lui permettant de se détacher des contingences physiques et du travail imposé par cette pratique. Dans ce travail d’exploration des différents mediums, David Smith s’inspire de son propre processus créatif ; avant l’assemblage de ses sculptures, il plaçait des éléments de l’œuvre sur le sol de son atelier ; la soudure brûlait alors le sol, laissant des motifs accidentels. C’est en s’inspirant de ces formes involontaires qu’il commence à travailler sur la série des « Sprays », à laquelle appartient l’œuvre Untitled (1963) présentée ici. Il utilise alors tous les matériaux à sa disposition, des pièces de machines aux branches d’arbres, et même les restes de sa table, qu’il dispose sur du papier ou de la toile avant de pulvériser de la peinture industrielle sur la composition. L’artiste, marqué par ses jeunes années de travail au sein d’une usine automobile, se réapproprie ainsi des techniques profondément liées à la mécanique et l’industrie.

Les œuvres de Cy Twombly (1928-2011) se situent à la frontière entre dessin et parole, à un point tel que la limite entre les deux devient vague avant de disparaitre complètement. À la recherche d’un langage visuel immédiat et intuitif, l’artiste réalise des œuvres aux compositions abstraites dans lesquelles se cache une conscience expressive absolument touchante. Le mot et le texte, surtout celui fragmenté et grandiose de la poésie antique, est intégré dans la surface de l’œuvre au travers des lettres et des signes spontanés d’une calligraphie gestuelle. Le verbe dessiné se fait ainsi le signe prononçant la parole. À travers les éléments de langage que l’on retrouve dans ses différentes séries apparaissent des références mythologiques et poétiques. Cy Twombly voyage très tôt autour du bassin méditerranéen, s’imprégnant de la culture antique qui vient ponctuer ses dessins. Ainsi, l’artiste joue avec l’abstraction, qu’il n’atteint jamais complètement, convoquant la force primitive d’un passé qui le fascine, au point qu’il installe son atelier dans l’ancestrale Italie.

Pierre Soulages (1919 - 2022) est reconnu comme un maître de l’abstraction, le peintre du noir et de la lumière. Depuis 1979 il se consacre exclusivement aux Outrenoirs. C’est ainsi qu’il désigne ces tableaux pour la plupart monochromes où le noir n’est qu’un moyen pour créer la pure lumière, c’est un noir qui va « au-delà du noir ». La recherche de l’absolu dans la peinture, de l’essence de l’acte créateur, rend tout titre superflu ; c’est pour cela que Soulages a toujours titré ses œuvres avec le mot — assertif — « Peinture », suivi de la taille de la toile et de la date de réalisation. Avec l’aide d’outils qu’il réalise lui-même, il applique différentes couches de matière qu’il travaille afin de créer des zones lisses ou profondément striées. La réfraction de la lumière sur la texture mate ou brillante de la peinture fait vibrer la surface de ses tableaux et offre au spectateur un spectacle infini.

Dans sa pratique du dessin, Pierrette Bloch (1928 - 2017), a su innover dans les recherches plastiques contemporaines, tout en donnant à l’abstraction une nouvelle sensibilité et poésie. Elle partage avec les artistes de sa génération, comme Cy Twombly et Pierre Soulages, la volonté d’arriver à l’essence de l’art tout en utilisant les éléments morphologiques constitutifs de la création picturale. Le point, la ligne et les rapports établis avec la surface selon le matériau utilisé ont constitué pendant plus de soixante ans l’axe fondateur du travail de Pierrette Bloch. Ses œuvres se caractérisent par une économie de moyens — l’encre, la craie grasse, le pastel, le crin de cheval de ses sculptures — ainsi que de couleurs — le noir et le blanc — avec laquelle elle a su créer avec liberté et spontanéité. Dans les œuvres à l’encre de Chine sur papier — que Pierrette Bloch commence à réaliser systématiquement depuis 1971 — les traces laissées par l’encre et la surface du support ont la même valeur plastique : c’est la relation du noir et du blanc, comme du plein et du vide, qui en construit l’unité.

Georgia Russell (née 1974) travaille avec une précision chirurgicale, détournant le scalpel de sa fonction médicale pour en faire un outil artistique ; «Je coupe, je lacère le papier et je joue avec les dégradés de tons, rythmés par le mouvement de mes incisions dans lesquelles s’infiltre la lumière, » dit l’artiste à propos de son travail. À travers l’incision des surfaces, elle crée un mirage à l’intersection du réel et de l’illusoire. De minutieuses entailles répétitives naissent des œuvres protéiformes, dont l’abstraction fait appel à l’inconscient et flirte avec l’imaginaire. Son travail est l’incarnation de la perméabilité de la matière. « Le monde n’est pas moins beau pour n’être vu qu’à travers une fente ou le trou d’une planche, » a écrit Henry David Thoreau, et les fentes dans les toiles de Russell peuvent être perçues comme des portails vers d’autres univers, des cellules de passage d’air et de lumière. Child and flowers (2018), appartient aux œuvres de l’artiste dans lesquelles elle travaille à partir de photographies qu’elle trouve chez des bouquinistes, qui sont ensuite imprimées sur papier Kozo, créant une œuvre nouvelle à partir d’un média préexistant. L’œuvre fait face à Navigate I (2021), où cette fois, les différentes strates de toile découpées semblent s’entremêler dans une cinétique vibrante.
 

Joel Shapiro (né 1941) part des matériaux emblématiques de la sculpture moderne — bois, plâtre, bronze — pour les mettre au service des possibilités de la forme, qu’il libère d’une façon tout à fait inédite. Rappelant la tradition des maquettes, il utilise ce médium pour créer de petites études dynamiques conçues à partir de l’assemblage de blocs parfois récupérés, assemblés selon les angles et les ruptures préexistantes qui configurent ainsi le résultat final et guident la main de l’artiste dans la définition d’un concept sculptural nouveau. Instinctifs et immédiats, ces assemblages respirent l’instantanéité. Pour l’artiste, il est important de laisser visible dans l’œuvre les traces du processus créatif : les traces de colle, de clous, les jointures, les veines du bois. La géométrie de ces formes simples, ou encore l’absence de socle ont pu rapprocher les sculptures de Joël Shapiro de l’art Minimal. Cependant, la place dédiée à l’homme, la possibilité d’exister laissée aux imperfections du travail manuel éloignent son approche des artistes minimalistes comme Carl Andre ou Donald Judd, qui privilégient au contraire les matières lisses où la trace du travail humain est effacée.

Pressemitteilung (Englisch)

Œuvres exposées

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