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John Chamberlain: Sculpture

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Vue d'installation, John Chamberlain, Sculpture, Galerie Karsten Greve, Paris, 2022. Photo: Nicolas Brasseur
20.10.22 - 07.01.23

Galerie Karsten Greve Paris

Mardi à samedi, de 10h à 19h

Vernissage

le jeudi 20 octobre 2022, de 17h à 20h

« Tout le monde est tellement épris de choses déjà connues que l'activité clé dans le domaine de l'art est de découvrir ce que l'on ne connaît pas. » - John Chamberlain

La Galerie Karsten Greve est heureuse de présenter Sculpture, nouvelle exposition consacrée au travail de l’artiste américain John Chamberlain. L’ensemble des œuvres sélectionnées s’étend sur quarante ans de création artistique, de 1967 à 2007. L’exposition perpétue ainsi la longue collaboration artistique entre John Chamberlain et Karsten Greve, qui remonte au début des années 1970.

John Chamberlain était l’un des plus grands artistes du XXème siècle, maître du pliage et de la transformation du métal et coloriste exceptionnel. Le zeitgeist (l’air du temps) d’après-guerre propulse les artistes vers des expérimentations et des libertés nouvelles, se détachant des dogmes du passé. Le mouvement de l’Expressionnisme Abstrait émerge entre les deux-guerres à New York et s’épanouit pleinement après la Victoire de 1945. John Chamberlain adhère à ce courant où le langage plastique est considéré comme auto-suffisant à travers une nouvelle relation au geste.

Vue d'installation, John Chamberlain, Sculpture, Galerie Karsten Greve, Paris, 2022. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, John Chamberlain, Sculpture, Galerie Karsten Greve, Paris, 2022. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, John Chamberlain, Sculpture, Galerie Karsten Greve, Paris, 2022. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, John Chamberlain, Sculpture, Galerie Karsten Greve, Paris, 2022. Photo: Nicolas Brasseur

Assez rapidement, John Chamberlain choisit ‘son’ matériau : l’acier, souvent trouvé et sélectionné par l’artiste dans des parcs d’automobiles abandonnés, qu’il ne cessera de remodeler. Le support devient une « arène offerte à l’action », pour reprendre l’expression de Jackson Pollock. D’une manière, Chamberlain parvient à saisir et transmettre cette nouvelle expression picturale dans une forme sculpturale – il est par ailleurs souvent dit que ses sculptures sont le pendant des toiles de Willem de Kooning dans une certaine symbiose entre la forme, le geste et la couleur.

Dès sa première exposition personnelle chez Martha Jackson en 1960, John Chamberlain séduit par sa perception de la matière un grand nombre de collectionneurs et artistes, comme Robert Rauschenberg, Donald Judd ou Andy Warhol. Ce dernier acquiert Papagayo (1967), l’une de ses plus grandes sculptures en acier galvanisé, exposée en 1971 au Guggenheim Museum de New York pour la toute première rétrospective de l’artiste et présentée ici. Papagayo est caractéristiques de son travail de la seconde moitié des années 1960, où Chamberlain expérimente en choisissant de renoncer temporairement à la couleur et laissant carte blanche aux ombres et lumières sur la surface du métal dans un penchant minimaliste. Cette parenthèse accentue la densité du métal qui devient si malléable dans les mains de l’artiste.
 

John Chamberlain se proclame collagiste en trois dimensions car il assemble les pièces les plus diverses dans une nouvelle structure (tout en préservant les propriétés initiales du support). C’est le cas de Double Hooded Jim (1974) ou de Silver Plait (1976) qui se distinguent par un assemblage de plusieurs pièces pour n’en faire plus qu’une. Ses sculptures n’ont pas de narration, elles rayonnent d’une poésie inhérente uniquement par leurs formes, démontrant l’importance de son choix d’artiste dans l’agencement et de l’équilibre entre les pièces : « Certains semblent penser que je travaille avec des pièces trouvées, mais ce n'est pas le cas.»

Elles sont choisies, vous voyez [...] il y a beaucoup de magie derrière ce choix. » Ni les joints (soudure), ni l'utilisation de la couleur ou des matériaux ne sont alors significatifs, sauf dans la mesure où ils testent ou (re)définissent la forme. D’une certaine manière, John Chamberlain invite le spectateur à découvrir l’inconnu qu’il fabrique à partir de ce qui existe déjà : « Tout le monde est tellement épris de choses déjà connues que l'activité clé dans le domaine de l'art est de découvrir ce que l'on ne connaît pas. »

L’idée de l’assemblage demeure centrale dans tout l’œuvre de John Chamberlain, autant dans ses manipulations du métal que dans l’exercice pictural. Les œuvres sur papier View from the Cockpit (1976) rayonnent par l’intensité et la pureté des couleurs projetées dans un ensemble graphique – un clin d’œil à l’orphisme de Robert Delaunay. Les monotypes, rarement présentés, datent du milieu des années 1980 et mettent en avant un autre exercice différent, qui pourrait être de la sculpture non plus en volume mais sur un support bi-dimensionnel, où il appose les couleurs par le collage et l’assemblage.

 

Un ensemble de photographies est également présenté à l’occasion de l’exposition Sculpture et complète l’aperçu des divers aspects du travail artistique. Dès 1977, John Chamberlain expérimente avec l’appareil Widelux, dont la structure unique fait pivoter l’objectif sur un arc horizontal panoramique pour obtenir des effets de distorsion impossibles avec les appareils traditionnels. Chamberlain prend les photographies en balançant la caméra en mouvement – à l’instar de Downtown (1989).

En 1984 John Chamberlain stipule : « je fais toujours des sculptures de la même manière que j'ai fait les poèmes. » Au Black Mountain College[1], où il a étudié puis enseigné dans les années 1950, il côtoie les poètes Charles Olson et Robert Creeley, dont les enseignements jouent un rôle fondamental dans sa pratique. Selon Olson, « la forme d'un poème est cruciale, c'est-à-dire sa composition et son aspect physique. Un poème doit fonctionner avec un sens de la proprioception ; il doit être centré sur l'expérience corporelle » - une idée que Chamberlain a appliqué autant à ses œuvres qu’aux titres qu’il leur conférait. Et Creeley encourageait ses étudiants à considérer les mots comme des entités, comme des faits visuels ayant leurs propres propriétés distinctes. « J'aime certains mots ensemble, indépendamment de leur signification, deux mots ou trois mots qui ne veulent absolument rien dire, mais qui ont l'air jolis. […] J'ai commencé à faire des listes de mots qui me plaisent, qui sont beaux, avec beaucoup de p et de o,[2] » expliquait Chamberlain. Il compilait les mots et lettres pour ses titres afin de trouver le bon ajustement entre la forme, la couleur et l’espace[3]. Opera Chocolates (1994) est un parfait exemple de cette harmonie d’ajustement visuel entre les ‘o’, les ‘p’ les ‘c’ qui viennent calquerla forme de la sculpture. Cet exercice pratiqué tout au long de sa vie témoigne du grand sens de l’humour et d’ironie de l’artiste.

Également en 1984, le théoricien Hal Foster a écrit que « l'espace évacué de l'ancienne catégorie "sculpture" » a cédé sa place à la nouvelle sculpture, soulignant l’importance accordée autant au médium qu’à l’espace, dépassant les dogmes traditionnels de la discipline. Ainsi, l’exposition Sculpture appelle à l’observation des variations innombrables des formes et des espaces manipulées avec brio par l’un des plus grands artistes du XXème siècle.

 

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