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John Chamberlain: Chamberlain in Paris

Vue d'installation, Chamberlain in Paris, Galerie Karsten Gerve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Chamberlain in Paris, Galerie Karsten Gerve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
17.01.20 - 17.04.20

Galerie Karsten Greve Paris

Mardi - Samedi 10h - 19h

Vernissage
le samedi 18 janvier 2020 18h - 20h

© Nicolas Brasseur et Galerie Karsten Greve

C’est dans l’improvisation que John Chamberlain a toujours envisagé sa création. L’artiste disait avoir fait ses plus belles photographies à Paris sans en connaître la raison : c’est précisément dans cet esprit du flâneur parisien, par le hasard des rencontres entre les formes, la poésie et la trouvaille, que l’oeuvre de l’artiste continue de jouer de ses associations.

Artiste avant-gardiste, c’est auprès de poètes comme Robert Creeley, Robert Duncan et surtout de son professeur Charles Olson au Black Mountain College, que Chamberlain raconte avoir appris « à voir les mots », à les manipuler, les soustraire pour les réassembler à la manière d’un collage. Aussi, chacune des oeuvres de Chamberlain possède un titre : celles-ci sont toujours inséparables des mots, teintées d’humour et traduisant des associations d’idées toutes personnelles à l’auteur. C’est sur ce même principe d’association que Chamberlain procède dans sa démarche de sculpteur quand il assemble entre eux des fragments hétéroclites d’objets.

L’avènement de l’oeuvre a une place centrale chez John Chamberlain ; son attachement au « Process Art », l’art privilégiant le processus, l’amène à expérimenter et à produire avec la matière sur le terrain. Il travaille à partir de vieilles carcasses d’automobiles à l’abandon dont regorgent les arrière-cours de l’Amérique profonde des années 1950. Chamberlain s’est expliqué avec humour sur son matériel de  prédilection : là où Michel-Ange trouvait du marbre partout aux alentours, lui trouvait de la ferraille. Dans son atelier de la taille d’un hangar à avion, son mode opératoire consistait à récolter la matière, des tas de ferrailles amoncelées où il venait prélever, puis imbriquer, froisser, défaire, replier et redresser pour arriver à un ensemble, une oeuvre sculpturale.

Cette expressivité est à replacer dans le contexte des artistes de l’art d’après-guerre aux États-Unis où le rapport intense au matériau et l’affirmation du geste s’imposent. La déformation est souvent à dimension corporelle : on enserre, on joint, on rapproche ; les formes s’imbriquent les unes dans les autres comme dans un organisme. Aspirant à l’expansion ; l’imposante Papagayo (1967) en acier galvanisé se dresse dans sa verticalité, tandis que les Gondolas (1981-1982) s’étendent à l’horizontal dans l’espace. Chamberlain s’intéresse à transmettre un mouvement à ses oeuvres, un mouvement extrêmement lent comme une empreinte laissée par une pression de la main, telle l’évocation d’un paquet de cigarette ou d’une cannette fraîchement écrasés. Même déformé et changé d’échelle, l’objet recyclé reste habité d’une vie antérieure. Alors, plutôt qu’une opération par « collage », la sculpture se rapproche davantage d’une fusion, une pièce unie et condensée.

Vue d'installation, Chamberlain in Paris, Galerie Karsten Gerve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Chamberlain in Paris, Galerie Karsten Gerve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Chamberlain in Paris, Galerie Karsten Gerve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Chamberlain in Paris, Galerie Karsten Gerve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Chamberlain in Paris, Galerie Karsten Gerve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur

La compression et l’extension sont également au centre de l’approche photographique de Chamberlain. Avec son appareil panoramique Widelux, dès 1977, les formes et lumières circulent dans un espace-temps devenu étirable. Les traces de son geste au ralenti fixent comme dans ses sculptures l’extensibilité des choses. Ici la démultiplication de l’image renvoie à une volonté d’englober le maximum de matières,  comme pour les fondre et les mélanger en un tout homogène. Dans ses photographies, comme dans ses collages et monotypes, Chamberlain applique une liberté picturale, sans se soucier des principes de gravité et de verticalité. Ses collages tels que View from the Cockpit rappellent sa position frontale à l’oeuvre, des vues abstraites du ciel ou  perspectives plongeantes vers le sol. Les captations et compositions, sur papier, photographiées ou ciselées dans la masse, se veulent « les plus totales » du monde environnant.


Ainsi, quel que soit le médium, Chamberlain applique un même postulat : « partir de l’observation de la forme et voir ce que cela donne ». Le devenir y est comme un flux où l’on retrouve toujours une propension à produire des circuits, des tracés, des ondes et des tubes qui s’allongent et tendent vers l’espace pour l’envahir. On se rappelle alors les mots de l’artiste évoquant un de ses rêves d´enfant : vouloir faire la capture d’images la plus complète possible du monde, en  envoyant des caméras dans le cosmos.
 

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