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Gideon Rubin: there are ways out.

Gideon Rubin, Snow Hut, 2025, huile sur toile, 30.5 x 25.5 cm (détail)
Gideon Rubin, Snow Hut, 2025, huile sur toile, 30.5 x 25.5 cm (détail)
12.02.26 - 30.04.26

Galerie Karsten Greve AG, St. Moritz

Lundi - Samedi, 10h - 13h / 14h - 18h30

Vernissage

au samedi, le 14 février 2026, de 17h à 19h

en présence de l’artiste

Avec there are ways out., la Galerie Karsten Greve présente à St. Moritz un nouveau groupe d’œuvres de Gideon Rubin, spécialement réalisé pour cette exposition. Le titre est emprunté au poème The Laughing Heart de Charles Bukowski et se présente comme une proposition poétique : un rappel discret que, même en période de trouble, subsistent des possibilités de pause, de regard et de réflexion.

La peinture de Rubin évolue dans une tension subtile entre présence et retrait, entre mémoire et imagination. Ses images ne constituent pas des récits clos, mais des espaces picturaux ouverts, dans lesquels le sens n’est pas affirmé mais se forme progressivement dans l’acte de la contemplation. Cette ouverture, pensée de manière curatoriale, porte en elle une dimension philosophique : l’essentiel ne se manifeste pas dans ce qui est pleinement formulé, mais dans ce qui est suggéré — dans l’espace que l’image laisse au regardeur.

Les œuvres de Rubin révèlent une sensibilité particulière dans leur mise en place : quelques gestes picturaux suffisent souvent à faire naître une atmosphère entière. Ses sujets sont rarement complexes et pourtant, ils suscitent immédiatement une émotion. C’est précisément dans la réduction que naît l’intensité : ce que Rubin laisse volontairement ouvert permet au spectateur d’achever l’image de manière personnelle.

L’œuvre emblématique de l’exposition, Snow Hut (2025), en offre un exemple révélateur. À première vue, se déploie un paysage enneigé silencieux : une petite cabane, le jeu délicat de la lumière et des ombres sur le toit, qui confère vie à la scène. Ce n’est qu’au second regard que l’on découvre de fines traces dans la neige — un détail qui met l’imagination en mouvement et fait naître, presque malgré soi, un sourire. Comme dans ses portraits, le sens émerge ici de l’implicite.

L’intérêt de Rubin se porte sur l’humain — ses histoires et les traces de mémoire qui traversent le temps et les trajectoires individuelles. L’une des forces singulières de sa pratique réside dans sa capacité à développer des ensembles d’œuvres structurés autour de thématiques précises, qui entrent en résonance réelle avec leurs lieux de présentation — moins comme une scénographie d’exposition que comme un dialogue. Au Freud Museum de Londres, Black Book (2018) répondait à l’atmosphère chargée de l’ancienne demeure de Freud et à ses récits d’exil, abordant des questions de mémoire collective et d’images médiatisées. De même, Living Memory (2023), présenté dans la chapelle All Saints à Londres — sous le commissariat de Beth Greenacre, en dialogue avec des œuvres de Louise Bourgeois et accompagné d’une intervention sonore de Nicolas Godin (AIR) — inscrivait les travaux de Rubin dans un espace architectural contemplatif, condensant ainsi des thèmes tels que la temporalité, l’intimité et la résonance intérieure.

Dans un monde de plus en plus perçu comme instable, l’art peut devenir un point d’ancrage. Louise Bourgeois écrivait : « Art is a guaranty of sanity. » La peinture de Rubin donne à cette idée une forme discrète mais saisissante : elle rappelle ces petits gestes et ces beautés qui rendent la vie riche.

there are ways out. se présente ainsi comme un plaidoyer silencieux en faveur de l’espoir. L’exposition offre un temps d’arrêt, un regard attentif et ouvert, tourné vers le beau — vers ces petites joies, ces traces de lumière qui ne se révèlent souvent qu’au second regard.

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