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Gideon Rubin: A Stranger's Hand

 Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nikolai Saoulski
Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nikolai Saoulski
16.10.20 - 16.01.21

Galerie Karsten Greve Paris

Mardi - Samedi 10h - 19h

Vernissage
le vendredi 16 octobre 2020, 14h - 19h
en présence de l'artiste

prolongée jusqu'au 16 janvier 2021

"For years I had an image lying on the floor of my studio of Balthus’ wife and daughter by the Italian photographer, Pierpaolo Ferrari. Perhaps, in my mind, it was the link between the beauty of the two women in that photo and the beauty and elegance of a Balthus painting – or maybe it’s how their bodies are positioned, which seemed to directly reference Balthus’ manneristic figure compositions. It might also be the ever-relevant motif of mother-and-child, or the narrative of birth and death, that made the image so intriguing to me. Either way, this image was the first diptych in a new series of work that spans more than two years, which was inspired by vintage images, found online, of artists in their youth – mainly 20th century painters whose shapes, colours and tones have been a constant presence in my own painting practice."

Gideon Rubin

Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nikolai Saouski
Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nikolai Saouski
Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nikolai Saouski
Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nikolai Saouski

A Stranger’s Hand, la Main d’un Inconnu. Ce titre évoque à lui seul toute l’ambigüité de l’oeuvre de Gideon Rubin qui se dévoile dans cette exposition à travers notamment une série de dix toiles, dont deux diptyques, rendant hommage à ces artistes du 20ème siècle, tels que Philip Guston, Willem De Kooning, Richard Diebenkorn, dont l’influence aura été déterminante dans son travail.

A l’origine de cette série : une photographie de la femme et de la fille du peintre Balthus par le photographe italien Pierpaolo Ferrari. La composition, le positionnement des corps, la beauté et l’élégance de ces figures féminines faisaient pour Gideon Rubin écho à la peinture de Balthus et c’est naturellement qu’il a choisi cette image pour son diptyque In the Grand Chalet, premier tableau de cette nouvelle série.
La lecture attentive et globale de ces oeuvres révèle l’attention toute particulière portée sur les mains de ces figures et que l’on retrouve au centre de chacune de ces compositions.

Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur
Vue d'installation, Gideon Rubin. A Stranger's Hand, Galerie Karsten Greve Paris, 2020. Photo: Nicolas Brasseur

Partie fascinante du corps humain qu’une main : elle peut être tendue ou serrée. Elle peut libérer des passions, elle peut être rempart et protectrice. Elle dévoile des sentiments, des états passagers ou des états d’âme, elle illustre une attitude. Elle est créatrice, outil du talent et expression d’un maniérisme. Elle est surtout ici révélatrice de l’individualité de ces figures de peintres, écrivains, penseurs qui ont été si importants pour celui qui leur rend hommage.
Et pourtant, le nom de l’exposition y fait référence sous le terme d’inconnu. Figures inconnues non pas car on ne les connait pas, mais plutôt car elles ne sont ni identifiées par un titre, ni individualisées. Cet effacement systématique des visages, de ce qui fait une personne, mais aussi de tout jalon temporel et de lieu est au coeur de la démarche artistique de Gideon Rubin depuis 2001. Cette démarche qui confronte ici le spectateur avec un inconnu est aussi celle qui lui permet de développer une intimité avec sa représentation. Intimité du regard qui doit dès lors se faire attentif et prendre le temps d’observer cette image dans les moindres détails d’une coiffure, d’une tenue, d’une posture ou d’une attitude. Cette attention compose ou recompose alors peu à peu une histoire, à partir de son expérience personnelle, de son savoir universel, ou peut-être d’un mélange des deux.
Dès lors, cette main cesse d’être celle d’un inconnu. Elle nous a livré les clés et dévoile alors l’identité – réelle ou imaginée – de cette figure peinte. Et c’est ce qui fait toute la beauté des oeuvres de Gideon Rubin qui nous font voyager dans une histoire, complexe et multiple, personnelle et universelle, convoquant à la fois le passé et le présent.

Comme à son habitude, Gideon Rubin a composé ses oeuvres à partir de diverses sources : il puise aussi bien dans de vieux journaux et des photos chinées, que dans des images génériques de magazines, de vieux livres d’art ou des extraits de films. Ses portraits d’artistes sont issus quant à eux d’images vintage trouvées sur internet. Il mélange ainsi volontairement les styles, les époques et les lieux, pour mettre en valeur les mécanismes locaux et historiques de la représentation.
Les oeuvres de Gideon Rubin sont identifiables au premier regard par l’utilisation de tons sableux, pastels, parfois relevés par un bleu lumineux ou une touche de rouge, dans des oeuvres où le lien entre la couleur et son support est primordial. Privilégiant les toiles de lin, mais travaillant également sur bois ou sur carton, Gideon Rubin accorde une grande importance au support qu’il laisse apparaitre sous une touche large et vigoureuse, dans une démarche de non-finito qui donne à ses oeuvres une subtilité et une légèreté unique. Ses coups de pinceaux dynamiques dissolvent certaines parties de la composition, dans un fascinant mélange entre figuration et abstraction.

Ainsi, la peinture de Gideon Rubin vit et respire au rythme d’un subtil aller-retour entre effacement et recomposition, mémoire et imagination, d’où naissent une multitude de fictions et de récits.

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