FR

Louise Bourgeois:

Sans titre, 2004, aquarelle sur papier, 56,5 × 75,2 cm
Sans titre, 2004, aquarelle sur papier, 56,5 × 75,2 cm
04.09.26 - 07.11.26

Galerie Karsten Greve Köln

Mardi – vendredi : 10 h – 18 h 30

Samedi : 10 h – 17 h

Dossier de presse

Vernissage
le vendredi 4 septembre 2026, 18 h - 21 h
Dans le cadre des DC Open Galleries

La Galerie Karsten Greve de Cologne présente une importante exposition personnelle consacrée à Louise Bourgeois. Une cinquantaine d’oeuvres sculpturales et graphiques de Louise Bourgeois, réalisées entre 1947 et 2008, y sont présentées. Près d’une décennie après la dernière présentation de ses oeuvres sur papier à la galerie de Cologne, cette exposition engage un dialogue avec l’oeuvre sculpturale de l’artiste tout en révélant de nouvelles perspectives. Cette présentation s’inscrit dans la continuité d’une collaboration de longue date entre Louise Bourgeois et Karsten Greve, qui a débuté dès 1990 avec la première exposition personnelle de Bourgeois à la galerie Karsten Greve de Cologne – une oeuvre artistique d’une actualité intacte, qui a marqué durablement l’histoire de l’art et continue d’exercer une influence jusqu’à aujourd’hui.

Au fil des décennies, Louise Bourgeois a développé un langage visuel singulier, où son histoire personnelle se mêle intimement à des interrogations universelles sur l’identité, le corps, le désir, la perte et les relations humaines. Son oeuvre échappe à toute classification univoque et s'inscrit à la croisée de la sculpture, de l'installation, du dessin, de la peinture et de la gravure. Son travail artistique trouve son origine dans des expériences biographiques que Bourgeois ne considère toutefois pas comme un récit intime au sens strict. Elle transpose plutôt des paysages intérieurs, des blessures et des expériences émotionnelles en images archétypales. Ses oeuvres ouvrent un espace de rencontre entre l'expérience individuelle et la mémoire collective.

Woman with a Secret (1947-1949) fait partie de la série Personnages de Louise Bourgeois. Ces sculptures en forme de stèles incarnent les pensées de l’artiste tournées vers sa famille et ses amis, qu’elle a dû laisser derrière elle après avoir émigré de France Les années qui suivirent son installation aux États-Unis furent marquées par une profonde nostalgie et par la tension entre le sentiment de déracinement et la perspective d’un nouveau départ. Impressionnée par la verticalité des gratte-ciel de Manhattan, sa nouvelle patrie, Bourgeois a créé plus de quatre-vingts sculptures en bois et en bronze. Celles-ci ne se contentent pas de reprendre l’architecture imposante de la ville, mais reflètent également le langage visuel épuré du modernisme. Elles possèdent une identité propre et apparaissent comme des personnalités à part entière. Dans Woman with a Secret, l’un des thèmes centraux de son oeuvre ultérieure apparaît pour la première fois : la figure de la femme et de la mère. L’oeuvre associe le souvenir de relations personnelles à une réflexion complexe sur la féminité et la bienveillance. Brother and Sister (1949) abstrait la dynamique psychologique de la proximité et de la distance entre deux personnes et cristallise l’intérêt constant de Bourgeois pour la transposition sous forme plastique d’états émotionnels et de relations interpersonnelles. Dans cette sculpture, des formes organiques et anthropomorphes se fondent en une figure ambiguë et chargée de symbolisme. À travers son langage formel épuré, elle devient l’emblème d’une relation où se côtoient à la fois l’attachement et la séparation, la protection et la vulnérabilité.

À partir de la fin des années 1990, Bourgeois élargit son vocabulaire sculptural en y intégrant les textiles et les tissus, même si les matériaux textiles imprègnent son oeuvre de manière autobiographique depuis ses débuts. C’est surtout dans son oeuvre tardive, à partir des années 2000, qu’elle travaille de manière particulièrement intensive avec des tissus et des vêtements usagés. Ayant grandi dans une famille qui tenait un atelier de restauration de tapisseries historiques, ses oeuvres textiles entretiennent un lien étroit avec ses origines. Sa mère travaillait comme tisserande dans le domaine de la restauration et se consacrait à la conservation, à la réparation et à la restauration de tissus endommagés. Dès son enfance, Bourgeois percevait le tissu non seulement comme un matériau, mais aussi comme un vecteur de mémoire et de temps.

Dans son oeuvre, la couture, la réparation et l’assemblage deviennent une métaphore poétique de la guérison. Ce qui semble endommagé est préservé, reconstitué et transformé afin de revêtir une nouvelle forme. Dans la sculpture suspendue Arch of Hysteria (2000), Bourgeois reprend la représentation historique de ce qu’on appelait l’hystérie, telle qu’on la retrouve notamment dans les études photographiques de patientes réalisées par le neurologue français Jean-Martin Charcot au XIXe siècle. Bourgeois détache ce motif de son contexte médico-pathologique et le transforme en représentation d’un état de tension émotionnelle et physique. Les coutures et les assemblages apparents du tissu renvoient à des blessures et à des processus de guérison : le corps est envisagé comme un tissu chargé d’expériences, marqué par des ruptures et des liens rétablis, et devient le dépositaire de traces émotionnelles.
Outre la sculpture, le dessin constitue également un moyen d’expression essentiel pour Louise Bourgeois et a accompagné sa pratique artistique depuis ses débuts jusqu’à sa mort. Dessins, aquarelles, gouaches, gravures et collages ont constitué pour elle un journal visuel, où elle consignait spontanément ses pensées et ses états d’âme. Bourgeois considérait le dessin comme une expression de la pensée et de la mémoire. Ses premières oeuvres sur papier présentent des structures organiques, spiralées et biomorphiques, dans lesquelles les frontières entre les formes végétales et humaines s’estompent. À partir des années 1960, l’intérêt de Bourgeois pour la corporéité et la sexualité s’intensifie. Son langage formel s’enrichit d’éléments à connotation phallique et féminine, qui se fondent avec des formes organiques et architecturales. Dans son oeuvre tardive, elle revient aux thèmes de la maternité et des premiers liens humains. Le motif du sein devient alors un symbole central de la nourriture, de la protection et de la dépendance, ainsi que de la relation ambivalente entre vulnérabilité et bienveillance.

Plus de quinze ans après la mort de Louise Bourgeois, son oeuvre continue de déployer une intensité intacte. Entre vulnérabilité et force, mémoire et transformation, elle offre une réflexion intemporelle sur la condition humaine. Trente-six ans après la première présentation de l’oeuvre de Bourgeois à Cologne, la galerie Karsten Greve vous invite à redécouvrir ce langage artistique extraordinaire.

Louise Bourgeois (Paris, 1911 – New York, 2010) compte parmi les artistes majeures des XXe et XXIe siècles. Après son arrivée à New York en 1938, elle a développé, pendant plus de sept décennies, une oeuvre singulière dans laquelle se mêlent expériences personnelles, influences familiales et thèmes humains universels. À travers ses sculptures, dessins, gravures et oeuvres textiles, elle a exploré les conditions fondamentales de l’existence humaine – le corps, la maternité, le désir, la peur et la perte – et a transposé l’intime dans un langage visuel symbolique. Sa première exposition personnelle a eu lieu en 1945 à la Bertha Schaefer Gallery de New York. Alors que son oeuvre avait d’abord principalement retenu l’attention aux États-Unis, la grande rétrospective organisée en 1982 au Museum of Modern Art de New York a marqué un tournant décisif dans sa reconnaissance internationale. À partir de 1989, d’importantes expositions ont suivi en Europe. La galerie Karsten Greve représente son oeuvre depuis 1990 et a largement contribué à sa reconnaissance internationale grâce à de nombreuses expositions et publications. En 1992, Bourgeois a participé à la documenta 9, puis a été représentée à la Biennale de Venise en 1993. Aujourd’hui, ses oeuvres figurent dans les collections des plus grands musées du monde, notamment au Museum of Modern Art de New York, au Solomon R. Guggenheim Museum de New York, à la Tate Modern de Londres, au Centre Pompidou à Paris, ainsi qu’au Musée Guggenheim de Bilbao.

Artistes

Diese Webseite unterstützt den Internet Explorer 11 nicht.
Bitte öffnen Sie die Seite mit einem modernen Browser.